Passage de grade su SK Aubenas le Samedi 5 Juin
J'ai toujours cru que le monde des arts martiaux était une grande confrérie où l'on se respecte les uns les autres, où l'on s'intéresse à ce que fait l'autre, pour s'enrichir et enrichir sa pratique personelle ("entraide et prospérité mutuelle" disait Jigoro Kano sensei pére du judo moderne) et je dois bien me rendre a l'évidence que non, pas du tout!Chacun est bien au chaud dans sa propre discipline et observe les autres du coin de l'oeil, prêt à critiquer, mais aussi prêt à voler la moindre technique sans partage ni communication en prétendant que celle-ci fait partie du style depuis belle lurette mais qu'elles avaient été perdu puis retrouvé. Bref, on refuse l'échange et le partage tout en se cachant derrières des mensonges pour justifier telle ou telle pratique.Il est vrai qu'aller vers une discipline vraiment différente, c'est reconnaitre que notre propre discipline a des faiblesses et des lacunes, mais au lieu de se voiler la face, pourquoi ne pas, au contraire,combler ces lacunes? Mais pour ça il faut bien s'avouer que l'on n'est peut-être pas le meilleur professeur du monde, et que l'on ne sait pas tout (même si nous sommes "encensés" par nos éleves). D'ailleurs comment pourrait-on tout savoir? Nous ne sommes que des hommes avec nos forces mais surtout nos faiblesse.C'est au contact des autres que l'on peut progresser. Le pire des pièges est celui des grades, plus nous prenons du "galon" et plus nous hésitons à nous confronter aux autres: comment un gradé 4ème dan pourrait-il apprendre quelque chose d'un 2ème ou d'un 3ème dan? Alors forcément, on reste bien protégé dans sa discipline, là où on est reconnu et "admiré", en évitant soigneusement d'aller là où cette fabuleuse image chargée d'égo pourrait s'effriter. En fait l'égo entretient une forme de crainte et un faux respect. Mais si nous arrivons à passer au-delà de cela, au-delà de cette forme d'auto-satisfaction, alors s'installe une espèce "d'harmonie" où l'on va pouvoir croiser des gens (peu importe le niveau), apprendre d'eux et s'enrichir et prospérer mutuellement.Personellement, j'essaye d'être dans cette optique, sans être non plus un bisounours qui aime tout le monde aveuglément: je respecte ceux qui veulent bien m'enseigner avec sincérité et sans arrière-pensées. J'ai appris de beaucoup de gens, surtout de mes éleves (anciens et nouveaux), de toutes les disciplines que j' ai croisé (karaté, judo, kyusho, eskrima, systéma, aikido, jodo....). Tou cela pour dire que, lorsque je vois que l'on se retrouve en très petit nombre à un stage d'une discipline (ici le karaté konan-ryu) d'une richesse extraordinaire qui peut apporter a beaucoup, encadrée par un instructeur plus que compétent (mais malheureusement pas connu et "seulement" 3ème dan) dont la publicité et l'annonce ont été fait dans tous les clubs de karaté du coin mais aussi dans les clubs d'autres disciplines, je me dis que tous les beaux principes des arts martiaux portées, clamés et défendus par tous ces pratiquants vertueux, ne sont finalement que du vent. Par la même occasion, je voudrais en profiter pour remercier encore le noyau dur de pratiquants qui viennent à nos stages peu importe la discipline, et échangent, reçoivent et donnent toujours dans un excellent exprit et il va de soit que cet article ne les concerne pas.
En revanche je trouve pathétique l'attitude de ceux qui viennent participer à une demi-journée de stage uniquement dans le but d'être photographiés avec un maître sans même le connaître et avant d'avoir pratiqué avec lui.
Maintenant, ma demarche plutot que de rester sur une frustration, c'est au moins d'aller voir le sensei durant une pause et de lui poser des questions techniques.
Là bas quand tu fais partie d'une école, tu ne t'entraines jamais avec un autre expert ou dans un autre dojo.